Bullich, VincentIdRefORCIDORCID: https://orcid.org/0009-0001-0483-258X and Leveneur, LaurenceIdRefORCIDORCID: https://orcid.org/0000-0001-5330-5906 (2025) Médias synthétiques : l’émergence d’un nouveau régime de l’image télévisuelle ? In: TV ON. Écrans sous tensions, Réseau Télé\Visées, Décembre 2025, Grenoble.

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Abstract

L’expression « médias synthétiques », récemment mobilisée par l’Arcom (2024) et, auparavant, entérinée dans la Charte de Paris sur l’IA et le journalisme (RSF et al., 2023), désigne un ensemble de productions médiatiques générées et diffusés de manière algorithmique par des dispositifs d’intelligence artificielle. Cette nouvelle catégorie, aux contours encore flous, appelle un examen critique de la part des sciences de l’information et de la communication (SIC), tant pour en retracer la genèse que pour en analyser les implications théoriques, professionnelles et réglementaires.
La proposition vise d’abord à replacer cette notion dans son contexte d’émergence. Les premiers usages du syntagme « synthetic media » apparaissent dès 2018 (Gregory, 2018) dans des travaux anglophones sur les deepfakes, avant de se diffuser dans les publications académiques (Ovadya, Whittlestone, 2019, Bourassa, 2023), professionnelles (Holubowicz, 2020) puis quelques rapports institutionnels (ONU, 2021). Sa reprise dans les discours des instances de régulation françaises et européennes marque une étape significative : la constitution d’une catégorie « proto-juridique » dotée d’effets concrets sur la définition des responsabilités et des cadres d’action.
Ensuite, il s’agira d’interroger ce que recouvre cette désignation. D’après la tripartition proposée par l’Arcom (2024), contrairement aux « médias éditorialisés », où un éditeur identifiable assume la responsabilité des contenus, et aux « médias algorithmiques », qui se limitent à héberger et diffuser des productions d’utilisateurs, les « médias synthétiques » génèrent eux-mêmes des textes, images, sons ou vidéos sans médiation humaine forte. Leur agentivité introduit un degré inédit de délégation dans les processus de production et de diffusion, rendant problématique l’attribution de l’énonciation et la prise en charge éditoriale juridique des contenus diffusés.
La réflexion se structurera autour de deux axes. D’une part, une généalogie du terme permettra de montrer comment il a été progressivement institutionnalisé, jusqu’à devenir un concept à prétention régulatoire mobilisé par l’Arcom, le Ministère de la Culture, le Parlement ou encore la Commission européenne. D’autre part, une approche critique cherchera à situer ces « médias de troisième type » dans le cadre théorique des SIC, notamment à travers de la notion de « régime médiatique ». Nous désignons ainsi un agencement structuré et stabilisé (ou en voie de l’être), comprenant des formats médiatiques, des dispositifs sémio-techniques, des modèles économiques, des cadres juridiques et contractuels, ainsi que des pratiques de production et de réception. Ces « médias synthétiques » sont-ils alors en mesure de déterminer un régime nouveau ?

Item Type: Conference or Workshop Item (Speech)
Language: French
Date: 2025
Keywords (French): Intelligence Artificielle générative, Audiovisuel, Régulation, Médias synthétiques
Subjects: E- SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
E- SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION > E2- Communication
E- SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION > E3- Culture et Media
Divisions: Institut du Droit de l'Espace, des Territoires, de la Culture et de la Communication (Toulouse)
Site: UT1
Date Deposited: 26 Feb 2026 09:07
Last Modified: 26 Feb 2026 12:14
URI: https://publications.ut-capitole.fr/id/eprint/52445
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